Archive pour la catégorie 'Travail'

Conférence du 14/10/2014 : « Un quart en moins »

 

Pour ouvrir cette année scolaire 2014-2015, nous sommes allés rencontrer, avec la classe de 1ère ES du lycée d’Hulst, l’économiste Rachel Silvera, venue présenter son nouvel ouvrage à Sciences Po le 14 octobre dernier, dans le cadre de PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre), co-dirigé par l’économiste Françoise Milewski. Rachel Silvera est maîtresse de conférence à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, sous-directrice du Mage (groupe de recherche Marché du Travail et Genre), et spécialiste des questions d’égalité professionnelle en matières de salaires, de temps de travail et d’articulation des temps, d’emploi et de relations professionnelles. A ce titre, elle signe un nouvel ouvrage intitulé Un Quart en moins. Des femmes se battent et obtiennent l’égalité des salaires, paru en 2014 aux éditions La Découverte, dans lequel elle ne fait pas que revenir sur l’histoire persistante des inégalités de salaires jusqu’à nos jours, mais offre une palette de témoignages et de moyens de lutte pour l’égalité. Une extinction de voix fortuite n’a pas empêché l’économiste de mener à bien son exposé.

 

« Le régime du quart en moins » justifié par le salaire d’appoint : entre préjugés et institutionnalisation des inégalités de salaires

 

Le titre donné à l’ouvrage et à la conférence fait référence au « régime du quart en moins », appliqué au salaire des femmes dans les usines de guerre, et dénoncé en 1918 par l’inspecteur du travail Pierre Hamp : « Le travail de la femme deviendra égal à celui de l’homme bien avant son salaire », écrit-il. Rachel Silvera explique : « A poste égal, et au prétexte que la loi interdisait aux femmes de toucher aux machines, il leur était appliqué un quart de moins sur leur salaire, les hommes devant au besoin intervenir, notamment pour les réparations. Or, Pierre Hamp montrait aussi une série d’exemples où le quart en moins était d’usage là où le travail se faisait entièrement à la main. » [Silvera, 2014c] Read the rest of this entry »

Fiche de lecture – L. Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, 2006

Fiche de lecture écrite par L. Van Der Eecken

Louis CHAUVEL (2006), Les Classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 142 pages. 

 

 

Biographie

 

 

Louis Chauvel (1967-) est un sociologue français attaché à plusieurs équipes de recherches (Observatoire sociologique du changement, associé au CNRS ; OFCE ; Observatoire des inégalités), il est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (1998) et membre de l’Institut universitaire de France (2003). Influencé par Bourdieu et Mendras, entre autres, ses recherches portent sur l’évolution des structures sociales françaises depuis un siècle, la fracture générationnelle, les inégalités sociales ; ces premières sont notamment enrichies par sa formation de statisticien, dont il utilise abondamment les outils, notamment pour s’engager dans l’action militante. Il a publié de nombreux articles scientifiques et quelques ouvrages, dont Le Destin des Générations en 2002, réédité en 2010, et Comprendre la Ve République en 2010. Read the rest of this entry »

Conférence du 08/10/13 – « Pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail »

A l’occasion de la sortie d’un numéro hors-série « Hommes-femmes : l’égalité en action », le programme PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre) s’est associé au mensuel Alternatives Economiques pour l’organisation le 8 octobre 2013 d’un colloque intitulé : « Pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail ». Nous avons pris place dans les locaux de Sciences-Po pour nous intéresser aux inégalités professionnelles. L’introduction, par la journaliste Claire Alet, fut brève et chiffrée : on observe un écart de salaire de 27 % en moyenne entre les hommes et les femmes ; le pourcentage de femmes dans les comités exécutifs des entreprises du CAC 40 est de 8,5 % ; 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

 

Pour débuter, l’économiste Françoise Milewski, co-responsable du programme PRESAGE, a expliqué qu’on constate aujourd’hui une recomposition des inégalités professionnelles. Certaines se sont réduites : les femmes ont davantage accès au marché du travail et à l’enseignement supérieur, tandis que l’écart de taux de chômage, qui existaient depuis les années 1970, a quasiment disparu. Cependant, certaines inégalités persistent (inertie des comportements), comme les inégalités salariales, qui se sont stabilisées dans les années 1990 sans se réduire depuis, comme la persistance d’un plafond de verre (qui gênerait la progression de la carrière féminine et leur accès à des postes de direction), comme la ségrégation des métiers et des secteurs d’activité (distinction entre des métiers dits « d’hommes » et d’autres dits « de femmes »), en lien avec les filières d’enseignement supérieur. Enfin, il est apparu de nouvelles inégalités, notamment en ce qui concerne le développement de la précarité chez les femmes (85 % des familles monoparentales, qui ont beaucoup de difficultés matérielles, ont une femme pour chef de famille) et l’importance du temps partiel dédiée aux femmes, deux tendances qui risquent d’aggraver la situation des femmes avec Read the rest of this entry »

Conférence du 24/09/13 – « Du capitalisme faisons table rase »

Ce mardi 24 septembre 2013, nous sommes allés à l’ESSEC, à Cergy, pour assister à la conférence intitulée « Du capitalisme faisons table rase », organisée par les étudiants de l’école de commerce dans le cadre des Mardis de l’ESSEC. Les invités (Frédéric Lordon, Christophe Ramaux, Henri Sterdyniak, Frédéric Boccara) font partie de l’association des Economistes Atterrés, un collectif d’économistes et de citoyens qui milite pour sortir des politiques néolibérales européennes, créé le 7 septembre 2010 par la publication d’un Manifeste.

Nous n’avons pas pu arriver en même temps à Cergy – nous nous sommes même égarés à l’arrivée – ; quand nous sommes arrivés, la salle était pleine, nous avons même eu du mal à trouver des places. Ces différents contretemps nous ont empêchés de nous concerter durant la conférence et, ainsi, d’avoir une vue d’ensemble.

La conférence a été introduite de façon humoristique par deux étudiantes, et un système de messagerie instantanée (via Twitter) était installé au-dessus des invités, permettant l’interactivité avec le public. F. Lordon a d’ailleurs émis une critique vis-à-vis de ce système.

Les thèmes abordés par la conférence étaient nombreux : la responsabilité des marchés financiers dans la crise, le modèle néolibéral européen, le rôle de l’Etat dans l’économie, et l’effectivité de la critique formulée par les Atterrés. Read the rest of this entry »

Conférence du 23/09/13 – « Travailler dans les services publics : la relation aux usagers »

Le 23 septembre 2013, nous avons assisté à la conférence « Travailler dans les services publics : la relation aux usagers », donnée au Ministère de l’Economie et des Finances, à Bercy. Organisée par l’Association des Professionnels en Sociologie de l’Entreprise (APSE), en lien avec le numéro 24 de la revue Sociologies Pratiques, la conférence a donné la parole à plusieurs intervenants, chacun abordant ses recherches et enquêtes sur le thème. C’est le président de l’APSE, le consultant Philippe Robert-Tanguy, qui a introduit brièvement la conférence et présenté les différents intervenants, en rappelant l’importance de combiner les approches universitaire et professionnelle pour mieux comprendre le sujet.

 

Dans un premier temps, Pierre-Yves Baudot, maitre de conférences en sciences politiques, chercheur au Centre d’Etudes Européenne (CEE) et au Centre de Recherche Sociologique sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP), a fait une longue introduction intitulée « Relation administrative et production de services publics ». Il a d’abord rappelé que la relation administrative (entre l’Etat et l’usager), qui ne se fait pas qu’au guichet, est intéressante à plusieurs titres : c’est d’abord le lieu où se forgent les représentations (ainsi que la légitimité, et la confiance qui vont avec) de la politique de l’Etat (en ce sens, le guichet est bien une « épreuve ») ; c’est aussi le lieu qui permet de rendre compte des différences entre les objectifs et les résultats des politiques publiques, dans un but d’améliorer l’efficacité de ces dernières (donc de la démocratie) ; c’est enfin le lieu où, du fait de l’incertitude relative qui caractérise les ordres, les agents en viennent à produire effectivement des politiques publiques par leur rôle de médiation entre l’Etat et l’usager. En s’appuyant sur le concept de street-level bureaucracy (Michaël Lipsky, 1980), une telle étude permet Read the rest of this entry »

Note de lecture – L. Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, 2006

Note de lecture écrite par L. Van Der Eecken. 

Louis CHAUVEL (2006), Les Classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 142 pages.

 

A l’instar de la classe ouvrière dans les années 1980, les classes moyennes seraient actuellement « à la dérive ». Et, pour le sociologue Louis Chauvel, cette question est centrale justement parce que, à l’instar de la classe ouvrière durant les Trente Glorieuses, « l’efficacité économique, la stabilité sociale et la dynamique démocratique dépendent étroitement » (p. 10) des classes moyennes. L’ouvrage est aussi rigoureux scientifiquement qu’il est politique, pas un hasard quand on connaît le co-éditeur : La République des Idées[1]. Après avoir démontré l’impossibilité de les définir unanimement[2], l’auteur expose leur particularité : à la fois très hétérogènes, car traversées par plusieurs oppositions (supérieure/inférieure, salariée/indépendante, secteur privé/secteur public), et en même temps unies par une forte identification car « [relevant] d’un rêve collectif partiellement réalisé » (p. 33). Les classes moyennes mobilisent parce qu’elles sont porteuses d’un projet de société auquel une majorité d’individus est capable d’adhérer, transcendant les clivages de la société industrielle. Mais, prudence, rappelle le chercheur : « Les classes moyennes n’existent que dans le devenir, et dès que ce mouvement est interrompu, l’ensemble se désagrège. » (p. 43) Read the rest of this entry »

La structure sociale

Nous nous intéresserons aujourd’hui au 1er chapitre de sociologie de Terminale. Au menu : la structure sociale, les classes sociales, les Professions et Catégories Socio-professionnelles (PCS).

 

Débutons traditionnellement par deux vidéos didactiques de Seko qui traite rapidement du chapitre :

http://www.dailymotion.com/video/xvpl9a

http://www.dailymotion.com/video/xvr0sz Read the rest of this entry »

La souffrance au travail en documentaires (3/3)

La 3e partie d’un article commencé ici et continué ici.

 

La troisième série de vidéos est un entretien avec Danièle Linhart, sociologue spécialiste du travail :

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La souffrance au travail en documentaires (2/3)

Suite de la première partie disponible ici.

 

Nous allons enfin introduire une série de vidéos spécifiques. L’association Diffusion des Connaissances sur le Travail Humain a créé un site Internet (http://www.souffrance-et-travail.com) très complet sur la souffrance au travail, et, avec l’aimable autorisation des auteurs, a diffusé via leur chaîne Youtube, toute une série d’entretiens avec des spécialistes des questions du travail, très instructifs. Nous en sélectionnerons quelques-unes.

La première série de vidéos est un long entretien en 12 parties du psychanalyste et psychodynamicien du travail Christophe Dejours (la version longue de son entretien dans le film J’ai (très) mal au travail), qu’on entend aussi dans La Mise à mort du travail et dans Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés :

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La souffrance au travail en documentaires (1/3)

Nous vous proposons aujourd’hui une série de documentaires sur la souffrance au travail qui, fait social qui est devenu fait de société depuis une dizaine d’années pour devenir actuellement une question de santé publique, engageant, dans une perspective plus globale, une réflexion sur le rapport au travail, la transformation du capitalisme et le développement de la mondialisation.

 

_________________________________

Débutons par un long mais passionnant documentaire de Jean-Robert Viallet (le plus complexe, le plus global) qui s’intitule La Mise à mort du travail, réalisé en 2009, et diffusé alors sur France 2 ; il est constitué de trois parties (La Destruction, L’Aliénation, La Dépossession) :

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