Archive pour la catégorie 'Reproduction sociale'

Fiche de lecture – L. Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, 2006

Fiche de lecture écrite par L. Van Der Eecken

Louis CHAUVEL (2006), Les Classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 142 pages. 

 

 

Biographie

 

 

Louis Chauvel (1967-) est un sociologue français attaché à plusieurs équipes de recherches (Observatoire sociologique du changement, associé au CNRS ; OFCE ; Observatoire des inégalités), il est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (1998) et membre de l’Institut universitaire de France (2003). Influencé par Bourdieu et Mendras, entre autres, ses recherches portent sur l’évolution des structures sociales françaises depuis un siècle, la fracture générationnelle, les inégalités sociales ; ces premières sont notamment enrichies par sa formation de statisticien, dont il utilise abondamment les outils, notamment pour s’engager dans l’action militante. Il a publié de nombreux articles scientifiques et quelques ouvrages, dont Le Destin des Générations en 2002, réédité en 2010, et Comprendre la Ve République en 2010. Read the rest of this entry »

Conférence du 27/11/13 – « Cerveau, Sexe et Préjugés »

Ce mercredi 27 novembre 2013, nous nous sommes rendus dans les locaux de Sciences Po afin d’assister à une conférence organisée par le Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnres (PRESAGE). L’invitée était Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l’Institut Pasteur, dont les recherches portent notamment sur la mort neuronale dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob. La conférence avait pour intitulé : « Cerveau, Sexe et Préjugés » (une conférence similaire est visible à la fin du texte). Après avoir été introduite par l’économiste Françoise Milewski, co-responsable du PRESAGE, Catherine Vidal a posé sa problématique : le cerveau a-t-il un sexe ? Les femmes ont-elles un cerveau différent de celui des hommes ? En guise d’introduction, elle a montré la persistance des idées reçues concernant les deux sexes, en tapant naïvement quelques recherches Google, puis en exposant les résultats de différents sondages (54 % des femmes et 57 % des hommes pensent que la différenciation homme-femme est prouvée biologiquement), le tout portant à croire que les femmes auraient un cerveau différent de celui des hommes. Son exposé tentera de révéler les inégalités justifiées par des explications scientifiques.

 

Dans un premier temps, nous nous sommes prêtés au jeu des différences hommes-femmes basées sur la théorie du déterminisme biologique, en remontant au XIXe siècle avec la craniométrie (l’étude des mensurations des os et du crâne), à partir de laquelle le médecin Paul Broca (1824-1880), par exemple, établissait un lien entre taille et poids du cerveau d’une part, et performance cérébrale d’autre part. Le cerveau des hommes est en moyenne plus lourd que celui des femmes (1,35 kg pour les premiers, contre 1,2 kg pour les secondes), ce qui expliquerait la supériorité intellectuelle de l’homme. Les mêmes conclusions ont été faites à propos des hommes blancs par rapport aux hommes noirs. Mais aucune causalité n’a été démontrée en ce domaine ; en guise de contre-exemple, Catherine Vidal a rappelé que le cerveau d’Albert Einstein avait un poids semblable au cerveau moyen d’une femme (1,25 kg). Read the rest of this entry »

Note de lecture – L. Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, 2006

Note de lecture écrite par L. Van Der Eecken. 

Louis CHAUVEL (2006), Les Classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 142 pages.

 

A l’instar de la classe ouvrière dans les années 1980, les classes moyennes seraient actuellement « à la dérive ». Et, pour le sociologue Louis Chauvel, cette question est centrale justement parce que, à l’instar de la classe ouvrière durant les Trente Glorieuses, « l’efficacité économique, la stabilité sociale et la dynamique démocratique dépendent étroitement » (p. 10) des classes moyennes. L’ouvrage est aussi rigoureux scientifiquement qu’il est politique, pas un hasard quand on connaît le co-éditeur : La République des Idées[1]. Après avoir démontré l’impossibilité de les définir unanimement[2], l’auteur expose leur particularité : à la fois très hétérogènes, car traversées par plusieurs oppositions (supérieure/inférieure, salariée/indépendante, secteur privé/secteur public), et en même temps unies par une forte identification car « [relevant] d’un rêve collectif partiellement réalisé » (p. 33). Les classes moyennes mobilisent parce qu’elles sont porteuses d’un projet de société auquel une majorité d’individus est capable d’adhérer, transcendant les clivages de la société industrielle. Mais, prudence, rappelle le chercheur : « Les classes moyennes n’existent que dans le devenir, et dès que ce mouvement est interrompu, l’ensemble se désagrège. » (p. 43) Read the rest of this entry »

Utopiesurmesure |
club des francophones |
Confiez vos affaires et vos... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Diagefofog
| Theworldofhipsters
| Lallamoulati