Conférence du 23/11/14 : Sortir du cadre – Merci Ovide !

* Le mot du prof : « Cette année, il m’est devenu trop contraignant d’accompagner systématiquement mes élèves aux conférences que je leur proposais à titre facultatif. Le deal est simple : s’ils le veulent, ils se déplacent ; s’ils veulent une note, ils prennent un selfie me prouvant leur présence et me rendent dans la semaine qui suit un compte-rendu. Voilà le premier de ces comptes-rendus. Bonne lecture. »

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En ce frileux mois de novembre, nous, courageuses élèves de Première ES, nous sommes rendues au Festival de cinéma organisé par l’association Attac, dont le thème cette année était « Sortir du cadre ». Ce festival s’est déroulé du 18 au 23 novembre dans le 5e arrondissement de Paris, et proposait une façon originale de débattre, en associant un film à un débat sur un ensemble de thèmes. Celui de la conférence à laquelle nous avons assisté était « Envoyer valser les codes de bonne conduite », avec le documentaire « Merci Ovide ! », réalisé en 2010 par Catherine Harnois et Jacques Méandre. En voici un extrait :

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Conférence du 14/10/2014 : « Un quart en moins »

 

Pour ouvrir cette année scolaire 2014-2015, nous sommes allés rencontrer, avec la classe de 1ère ES du lycée d’Hulst, l’économiste Rachel Silvera, venue présenter son nouvel ouvrage à Sciences Po le 14 octobre dernier, dans le cadre de PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre), co-dirigé par l’économiste Françoise Milewski. Rachel Silvera est maîtresse de conférence à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, sous-directrice du Mage (groupe de recherche Marché du Travail et Genre), et spécialiste des questions d’égalité professionnelle en matières de salaires, de temps de travail et d’articulation des temps, d’emploi et de relations professionnelles. A ce titre, elle signe un nouvel ouvrage intitulé Un Quart en moins. Des femmes se battent et obtiennent l’égalité des salaires, paru en 2014 aux éditions La Découverte, dans lequel elle ne fait pas que revenir sur l’histoire persistante des inégalités de salaires jusqu’à nos jours, mais offre une palette de témoignages et de moyens de lutte pour l’égalité. Une extinction de voix fortuite n’a pas empêché l’économiste de mener à bien son exposé.

 

« Le régime du quart en moins » justifié par le salaire d’appoint : entre préjugés et institutionnalisation des inégalités de salaires

 

Le titre donné à l’ouvrage et à la conférence fait référence au « régime du quart en moins », appliqué au salaire des femmes dans les usines de guerre, et dénoncé en 1918 par l’inspecteur du travail Pierre Hamp : « Le travail de la femme deviendra égal à celui de l’homme bien avant son salaire », écrit-il. Rachel Silvera explique : « A poste égal, et au prétexte que la loi interdisait aux femmes de toucher aux machines, il leur était appliqué un quart de moins sur leur salaire, les hommes devant au besoin intervenir, notamment pour les réparations. Or, Pierre Hamp montrait aussi une série d’exemples où le quart en moins était d’usage là où le travail se faisait entièrement à la main. » [Silvera, 2014c] Lire la suite »

Fiche de lecture – L. Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, 2006

Fiche de lecture écrite par L. Van Der Eecken

Louis CHAUVEL (2006), Les Classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 142 pages. 

 

 

Biographie

 

 

Louis Chauvel (1967-) est un sociologue français attaché à plusieurs équipes de recherches (Observatoire sociologique du changement, associé au CNRS ; OFCE ; Observatoire des inégalités), il est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (1998) et membre de l’Institut universitaire de France (2003). Influencé par Bourdieu et Mendras, entre autres, ses recherches portent sur l’évolution des structures sociales françaises depuis un siècle, la fracture générationnelle, les inégalités sociales ; ces premières sont notamment enrichies par sa formation de statisticien, dont il utilise abondamment les outils, notamment pour s’engager dans l’action militante. Il a publié de nombreux articles scientifiques et quelques ouvrages, dont Le Destin des Générations en 2002, réédité en 2010, et Comprendre la Ve République en 2010. Lire la suite »

Conférence du 27/11/13 – « Cerveau, Sexe et Préjugés »

Ce mercredi 27 novembre 2013, nous nous sommes rendus dans les locaux de Sciences Po afin d’assister à une conférence organisée par le Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnres (PRESAGE). L’invitée était Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l’Institut Pasteur, dont les recherches portent notamment sur la mort neuronale dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob. La conférence avait pour intitulé : « Cerveau, Sexe et Préjugés » (une conférence similaire est visible à la fin du texte). Après avoir été introduite par l’économiste Françoise Milewski, co-responsable du PRESAGE, Catherine Vidal a posé sa problématique : le cerveau a-t-il un sexe ? Les femmes ont-elles un cerveau différent de celui des hommes ? En guise d’introduction, elle a montré la persistance des idées reçues concernant les deux sexes, en tapant naïvement quelques recherches Google, puis en exposant les résultats de différents sondages (54 % des femmes et 57 % des hommes pensent que la différenciation homme-femme est prouvée biologiquement), le tout portant à croire que les femmes auraient un cerveau différent de celui des hommes. Son exposé tentera de révéler les inégalités justifiées par des explications scientifiques.

 

Dans un premier temps, nous nous sommes prêtés au jeu des différences hommes-femmes basées sur la théorie du déterminisme biologique, en remontant au XIXe siècle avec la craniométrie (l’étude des mensurations des os et du crâne), à partir de laquelle le médecin Paul Broca (1824-1880), par exemple, établissait un lien entre taille et poids du cerveau d’une part, et performance cérébrale d’autre part. Le cerveau des hommes est en moyenne plus lourd que celui des femmes (1,35 kg pour les premiers, contre 1,2 kg pour les secondes), ce qui expliquerait la supériorité intellectuelle de l’homme. Les mêmes conclusions ont été faites à propos des hommes blancs par rapport aux hommes noirs. Mais aucune causalité n’a été démontrée en ce domaine ; en guise de contre-exemple, Catherine Vidal a rappelé que le cerveau d’Albert Einstein avait un poids semblable au cerveau moyen d’une femme (1,25 kg). Lire la suite »

Conférence du 08/10/13 – « Pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail »

A l’occasion de la sortie d’un numéro hors-série « Hommes-femmes : l’égalité en action », le programme PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre) s’est associé au mensuel Alternatives Economiques pour l’organisation le 8 octobre 2013 d’un colloque intitulé : « Pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail ». Nous avons pris place dans les locaux de Sciences-Po pour nous intéresser aux inégalités professionnelles. L’introduction, par la journaliste Claire Alet, fut brève et chiffrée : on observe un écart de salaire de 27 % en moyenne entre les hommes et les femmes ; le pourcentage de femmes dans les comités exécutifs des entreprises du CAC 40 est de 8,5 % ; 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

 

Pour débuter, l’économiste Françoise Milewski, co-responsable du programme PRESAGE, a expliqué qu’on constate aujourd’hui une recomposition des inégalités professionnelles. Certaines se sont réduites : les femmes ont davantage accès au marché du travail et à l’enseignement supérieur, tandis que l’écart de taux de chômage, qui existaient depuis les années 1970, a quasiment disparu. Cependant, certaines inégalités persistent (inertie des comportements), comme les inégalités salariales, qui se sont stabilisées dans les années 1990 sans se réduire depuis, comme la persistance d’un plafond de verre (qui gênerait la progression de la carrière féminine et leur accès à des postes de direction), comme la ségrégation des métiers et des secteurs d’activité (distinction entre des métiers dits « d’hommes » et d’autres dits « de femmes »), en lien avec les filières d’enseignement supérieur. Enfin, il est apparu de nouvelles inégalités, notamment en ce qui concerne le développement de la précarité chez les femmes (85 % des familles monoparentales, qui ont beaucoup de difficultés matérielles, ont une femme pour chef de famille) et l’importance du temps partiel dédiée aux femmes, deux tendances qui risquent d’aggraver la situation des femmes avec Lire la suite »

Conférence du 24/09/13 – « Du capitalisme faisons table rase »

Ce mardi 24 septembre 2013, nous sommes allés à l’ESSEC, à Cergy, pour assister à la conférence intitulée « Du capitalisme faisons table rase », organisée par les étudiants de l’école de commerce dans le cadre des Mardis de l’ESSEC. Les invités (Frédéric Lordon, Christophe Ramaux, Henri Sterdyniak, Frédéric Boccara) font partie de l’association des Economistes Atterrés, un collectif d’économistes et de citoyens qui milite pour sortir des politiques néolibérales européennes, créé le 7 septembre 2010 par la publication d’un Manifeste.

Nous n’avons pas pu arriver en même temps à Cergy – nous nous sommes même égarés à l’arrivée – ; quand nous sommes arrivés, la salle était pleine, nous avons même eu du mal à trouver des places. Ces différents contretemps nous ont empêchés de nous concerter durant la conférence et, ainsi, d’avoir une vue d’ensemble.

La conférence a été introduite de façon humoristique par deux étudiantes, et un système de messagerie instantanée (via Twitter) était installé au-dessus des invités, permettant l’interactivité avec le public. F. Lordon a d’ailleurs émis une critique vis-à-vis de ce système.

Les thèmes abordés par la conférence étaient nombreux : la responsabilité des marchés financiers dans la crise, le modèle néolibéral européen, le rôle de l’Etat dans l’économie, et l’effectivité de la critique formulée par les Atterrés. Lire la suite »

Conférence du 23/09/13 – « Travailler dans les services publics : la relation aux usagers »

Le 23 septembre 2013, nous avons assisté à la conférence « Travailler dans les services publics : la relation aux usagers », donnée au Ministère de l’Economie et des Finances, à Bercy. Organisée par l’Association des Professionnels en Sociologie de l’Entreprise (APSE), en lien avec le numéro 24 de la revue Sociologies Pratiques, la conférence a donné la parole à plusieurs intervenants, chacun abordant ses recherches et enquêtes sur le thème. C’est le président de l’APSE, le consultant Philippe Robert-Tanguy, qui a introduit brièvement la conférence et présenté les différents intervenants, en rappelant l’importance de combiner les approches universitaire et professionnelle pour mieux comprendre le sujet.

 

Dans un premier temps, Pierre-Yves Baudot, maitre de conférences en sciences politiques, chercheur au Centre d’Etudes Européenne (CEE) et au Centre de Recherche Sociologique sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP), a fait une longue introduction intitulée « Relation administrative et production de services publics ». Il a d’abord rappelé que la relation administrative (entre l’Etat et l’usager), qui ne se fait pas qu’au guichet, est intéressante à plusieurs titres : c’est d’abord le lieu où se forgent les représentations (ainsi que la légitimité, et la confiance qui vont avec) de la politique de l’Etat (en ce sens, le guichet est bien une « épreuve ») ; c’est aussi le lieu qui permet de rendre compte des différences entre les objectifs et les résultats des politiques publiques, dans un but d’améliorer l’efficacité de ces dernières (donc de la démocratie) ; c’est enfin le lieu où, du fait de l’incertitude relative qui caractérise les ordres, les agents en viennent à produire effectivement des politiques publiques par leur rôle de médiation entre l’Etat et l’usager. En s’appuyant sur le concept de street-level bureaucracy (Michaël Lipsky, 1980), une telle étude permet Lire la suite »

Conférence du 18/09/13 – « Paris sans le peuple »

Ce 18 septembre 2013, nous sommes partis au Centre International de Culture Populaire (CICP) pour assister à une conférence donnée par la géographe Anne Clerval, maîtresse de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Elle venait y présenter son livre sur la gentrification, issu de la thèse qu’elle a soutenue en 2008, Paris sans le peuple. Organisée par la librairie engagée Quilombo, la conférence s’est tenue dans des conditions enflammées : l’extrême-gauche était surreprésentée (des élus Front de Gauche hués, des communistes, des anarchistes, des libertaires, etc.), la bière remplaçait les bouteilles d’eaux des Ministères, les intervenants s’interpellaient de « camarade » par ci, « camarade » par là, différentes catégories sociales étaient présentes (paysans bio, ouvriers, étudiants, militants, jeunes de banlieue, professions intellectuelles)… Les places manquaient dans une salle bien remplie : de nombreuses personnes s’étaient installées à même le sol. Le sujet se prêtait d’ailleurs bien au débat d’idées. L’ambiance était donc communautaire et militante.

Anne Clerval a d’abord pris le temps d’exposé sa thèse, une étude scientifique de la gentrification parisienne en même temps qu’un parti pris théorique, celui d’une recherche urbaine marxiste. Concept anglais, d’origine géographique autant que sociologique, la gentrification est un phénomène qu’on traduit maladroitement par « embourgeoisement » d’une ville, même si, dans le cas de Paris comme de nombreuses villes, le phénomène touche inégalement les différents quartiers. La gentrification est le processus par lequel des espaces urbains se transforment socialement et morphologiquement avec l’arrivée massive des classes moyennes et/ou supérieures et le départ parallèle des classes populaires. C’est un phénomène social qui s’accompagne d’une transformation urbaine. Ne nous méprenons pas : l’ « embourgeoisement » est davantage le fait des nouvelles classes moyennes, de la petite bourgeoisie intellectuelle, caractérisée par un capital culturel relativement plus élevé, par un capital économique très hétérogène, Lire la suite »

Note de lecture – L. Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, 2006

Note de lecture écrite par L. Van Der Eecken. 

Louis CHAUVEL (2006), Les Classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 142 pages.

 

A l’instar de la classe ouvrière dans les années 1980, les classes moyennes seraient actuellement « à la dérive ». Et, pour le sociologue Louis Chauvel, cette question est centrale justement parce que, à l’instar de la classe ouvrière durant les Trente Glorieuses, « l’efficacité économique, la stabilité sociale et la dynamique démocratique dépendent étroitement » (p. 10) des classes moyennes. L’ouvrage est aussi rigoureux scientifiquement qu’il est politique, pas un hasard quand on connaît le co-éditeur : La République des Idées[1]. Après avoir démontré l’impossibilité de les définir unanimement[2], l’auteur expose leur particularité : à la fois très hétérogènes, car traversées par plusieurs oppositions (supérieure/inférieure, salariée/indépendante, secteur privé/secteur public), et en même temps unies par une forte identification car « [relevant] d’un rêve collectif partiellement réalisé » (p. 33). Les classes moyennes mobilisent parce qu’elles sont porteuses d’un projet de société auquel une majorité d’individus est capable d’adhérer, transcendant les clivages de la société industrielle. Mais, prudence, rappelle le chercheur : « Les classes moyennes n’existent que dans le devenir, et dès que ce mouvement est interrompu, l’ensemble se désagrège. » (p. 43) Lire la suite »

La structure sociale

Nous nous intéresserons aujourd’hui au 1er chapitre de sociologie de Terminale. Au menu : la structure sociale, les classes sociales, les Professions et Catégories Socio-professionnelles (PCS).

 

Débutons traditionnellement par deux vidéos didactiques de Seko qui traite rapidement du chapitre :

http://www.dailymotion.com/video/xvpl9a

http://www.dailymotion.com/video/xvr0sz Lire la suite »

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